Mes premiers pas par l'auto édition
Ici, je vais vous partager mon expérience de primo-auteure auto éditée qui s'est faite avoir par son prestataire. Et l'apprentissage que cela m'a apporté.
QUOTIDIENIDÉES ET PARTAGESEXPÉRIENCES
Jennifer BARROIN
12/11/20259 min read
On s'évade comme on peut en 2025.
La première chose dont il faut se méfier:
Lorsque nous commençons à nous renseigner sur le fonctionnement de l'auto édition, nous tombons sur une armée de remontées Google à propos de prestataires dédiés, tout en un et très réactifs. En effet, ils promettent de vous donner une réponse en 14 jours, des formules en fonction de vos besoins, et un accompagnement qui va jusqu'au coaching un jour par semaine le premier mois de parution. Et lorsque nous n'y connaissons pas grand chose dans les étapes techniques, cela paraît être un système pratique et bien ficelé.
Alors, ils ne mentent pas sur le délai de réponse. Mais ce n'est pas parce qu'ils sont tombés amoureux de votre manuscrit, mais simplement parce qu'ils acceptent à la chaîne. Certains ont même abaissé ce délai à 7 jours. C'est le cas de Publishroom Factory, dont je vais détailler cette expérience précise plus bas. Donc honnêtement, le manuscrit n'est pas lu en un si bref délai, encore moins analysé (à moins que les clients ne se bousculent pas, et encore...) De la part d'auteurs plus expérimentés, il s'agit du premier indicateur d'hameçonnage douteux de ce genre de prestations, qui utilisent le terme "auto édition" pour remonter dans le SEO par phénomène de mode.
Au niveau des formules, cela est extrêmement cohérent sur le papier. Si vous avez besoin de peu de services techniques (supposons seulement la création de votre couverture): vous payez moins que si vous avez besoin d'être assisté sur toutes les étapes de publication de votre œuvre (correction, mise en forme, graphisme, référencement, accompagnement post parution etc...). Donc tant que la machine n'est pas lancée, si vous n'avez pas d'expérience ou un entourage qui a cette expérience, vous pensez que tout est normal.
Pour le cas de Publishroom Factory, j'avais demandé une formule (correctrice / mise en forme intérieure / référencement + ebook) et j'avais précisé que je n'avais pas besoin de faire créer la couverture, vu que j'ai déjà réalisé le visuel prêt à envoyer.
Nous allons passer les détails concernant la correctrice qui ne reconnaît pas les figures de styles, et affirme que les corrections ne changent pas la présentation du manuscrit. Au lieu de me dire qu'effectivement, ça décale, mais que c'est une autre personne qui gèrera la présentation. Je l'ai compris lorsqu'elle m'a dit "il faut repayer une graphiste pour cela. Je ne sais pas ce que vous avez convenu avec Publishroom". Donc une correctrice indépendante qui n'est pas correctement renseignée sur le fonctionnement de l'entreprise pour laquelle elle travaille.
Mais là où les choses se gâtent, c'est pour l'étape de la graphiste. Je savais que 2 ou 3 passages du roman allaient poser problème puisqu'ils ont déjà demandé patience avec la correctrice. Des caractères japonais qui ne sont pas compatibles avec la police Times New Roman et une représentation d'une conversation sur smartphone. J'avais laissé une phrase d'indication "essai Arial concluant" concernant l'écriture japonaise. Je n'ai pas eu de nouvelles pendant deux semaines alors que j'ai demandé s'il y avait besoin de consignes particulières.
"Si notre graphiste ne vous a pas recontactée, c'est qu'elle n'a pas rencontré de problèmes, ne vous inquiétez pas".
Sans me consulter, remettre le texte en Times New Roman (ou n'importe, auto édition, l'auteur choisit sa police point, pourquoi changer sans demander ?), les caractères japonais sautent et comble ? La phrase d'indication "essai Arial concluant" est restée en plein milieu du texte. Conclusion évidente: changer bêtement la police pour mettre la même pour tout le monde, et surtout aucune relecture. Je ne paie pas pour faire un click "éditer les styles, choix de la police", je peux le faire toute seule. Les répliques de la conversation smartphone qui étaient dans un encadré, se retrouvent sans le cadre, écrites en gros, centrées sur la ligne: aucun sens commun ne permet une telle prouesse.
La couverture (dont je me suis rendue compte qu'on me l'a facturée alors que j'ai dit que je l'avais crée moi-même), j'envoie le résumé de 4e de couverture. La graphiste n'a pas l'air de savoir qu'on marque un alinéa au début de chaque paragraphe (2 en l'occurrence). Il manque une majuscule et un espace entre deux mots. Je lui fait corriger. Suite à quoi nous validons. Une fois la maquette finie (que je ne vois jamais en vraie mais uniquement en numérique), nous passons à l'étape de référencement. Il s'agit du seul passage où je n'ai rien à redire.
Livre paru, premières commandes déjà livrées chez les clients que je n'ai toujours pas reçu mon exemplaire auteure, alors qu'annoncé une semaine auparavant. Je me fâche, je le reçois au bout d'une semaine après avoir exprimé mon agacement. Je reçois mon exemplaire et m'empresse de le prendre en photo pour le partager sur les groupes Facebook d'auteurs. Et une membre de ce groupe me fait remarquer une erreur de frappe sur le dernier mot du résumé (ce n'est pas comme si nous ne voyons que cela). Je vérifie alors ce que j'ai envoyé comme texte, car en auto édition, l'auteur est responsable des imperfections. Or, dans ce que j'avais envoyé, il n'y avait, ni fautes, ni absence d'alinéa. Je me fâche alors une seconde fois. J'avais commandé un premier stock de 12 exemplaires que j'ai reçus avec la dernière faute. Ils me renvoient cette commande gratuitement (c'est le minimum), mais les premiers clients eux, détiennent un exemplaire erroné, et mon exemplaire auteure l'est également. Vous pensez qu'ils ont également renvoyé ceux-là ? Absolument pas.
J'avais reçu la facture pour régler le solde dans l'enveloppe de l'exemplaire auteure (en avril 2025). Sauf qu'il restait des lignes, sur le devis et la facture, qui n'étaient pas encore au rendez-vous (plan promotionnel personnalisé, liste de contacts presse, marque-pages). Bien évidemment qu'il a déjà fallu réclamer l'exemplaire auteure pour l'obtenir, que je ne vais pas régler tant que je n'ai pas la totalité de la prestation. Et il faut de nouveau réclamer. Le plan promotionnel personnalisé se transforme en un PDF généraliste qui présente les intérêts de chaque canal de communication. Travailler dans le littéraire et ne pas savoir ce que signifie "personnalisé", c'est quand même cocasse. On me répond que je suis la première à avoir fait cette remarque. Puis dans des échanges ultérieurs, reconnaissent qu'en effet il n'est pas personnalisé. La liste de contacts presse est obsolète. J'ai essayé d'envoyer 12 mails, 6 ressortent en "adresse email incorrecte", 2 envois courrier à des magazines qui sont revenus presque 2 mois plus tard en "destinataire introuvable à cette adresse". Et pour finir, les marque-pages: on vous fait comprendre que vous êtes pénible car on vous a dit plusieurs fois "plus tard" et que vous n'avez pas l'air de l'entendre. On se fâche une 3e fois en demandant d'expliciter une date concrète, faute de quoi vous refusez de régler le solde. Étrangement, ils apparaissent 2 semaines plus tard dans votre boîte aux lettres. La même graphiste n'est pas fichue d'adapter le design de la couverture au format marque-page. Il suffit de l'importer sur Canva en un click et il s'adapte automatiquement. 2 mois pour obtenir cela ? Je souhaite leur montrer ce que ça fait de réclamer ce qui est écrit sur une facture, alors j'attends qu'ils me réclament à leur tour quelque chose avant de procéder au règlement.
Je reçois un mail de relance de facture. Je profite de ce mail pour demander une remise pour manquements qualité répétés (je liste la totalité dans ce mail) qui ont occasionné un retard de publication potable et une atteinte à l'image professionnelle. La gérante me répond que ce n'est pas possible car la facture date du 02/01/2025 et qu'il fallait que je me réveille avant (me l'écrit tel quel) car 6 mois pour régler une facture, elle estime avoir fait preuve de patience.
Sauf que j'ai reçu la facture en avril et le Code du Commerce permet un délai de 5 ans pour contester une facture, réglée ou non. Je lui envoie donc cet argument. Et lui demande comment une facture peut dater de janvier alors que la parution a eu lieu le 4 mars 2025 et la totalité des prestations ne s'est avérée que début mai. Elle me répond que d'après son comptable, cette pratique est tout à fait courante, d'éditer la facture finale à la date de réception du premier versement d'acompte. Le versement d'acompte a eu lieu le 6 décembre 2024. J'insiste sur le fait que même si cette date de facturation était normale, cela n'enlève en rien mon droit de contester la somme pour défaut de conformité. Je demande à ce moment que 20% sur le solde alors que je pourrais demander 30% sur le total. Sa date de facturation ne correspond ni à l'acompte, ni à la date de parution, ni à la date de fin réel de prestation. J'en conclus alors facilement qu'il s'agit d'une date factice permettant de gonfler la trésorerie en période de bilan comptable.
Comme je refuse de payer sans geste de sa part, la gérante me gèle l'envoi des commandes auteure et les ventes plateformes se sont interrompues au même moment également. Elle indique ne pas vouloir risquer "un autre impayé" de ma part. Sauf que les commandes auteure, comme vos commandes plateformes, sont réglées d'abord, puis expédiées. Face à ce contre-argument, elle trouve à me dire que je ne peux pas choisir la prestation que je règle et pas une autre. Le temps de nos longs échanges par mails, je continue mes investigations et me rends compte que la faute de frappe du résumé qui était corrigée sur les nouvelles impressions, ne l'était pas sur les remontées du visuel sur les plateformes de ventes. Alors je lui dis que je peux effectivement décider de ne pas régler le solde sans remise étant donné qu'une énième non conformité n'est pas corrigée. La gérante alterne alors entre faire la morte ou me pousser à rompre.
J'envoie 2 mises en demeure qu'elle décide d'ignorer. Son avocate apparaît dans nos échanges me demandant le contact du mien. Nous sommes en septembre 2025 et depuis le 1e du mois, l'étape du conciliateur est obligatoire pour les litiges n'excédant pas 10 000€ de préjudices. La gérante fait celle qui réfléchis à une alternative pour justifier son silence face au conciliateur, pour réapparaître en formulant ce qu'elle répète depuis nos premiers échanges sur la contestation de la facture. Notamment, insister pour rompre. J'indique que je suis très déterminée à aller en Justice. Alors, elle accorde soudainement la remise si j'accepte la rupture immédiate; ce qui est complètement absurde puisque la 1e proposition de rupture était promulguée pour ne plus rien me demander de régler et partir chacune de notre côté comme si rien ne s'était passé (sauf le préjudice d'image et d'argent pour moi, que Publishroom s'échine à ne pas assumer). Je passe alors par la case avocat. Lequel me conseille de ne pas monter en Justice, car même gagnant, le procès coûterait plus cher que les indemnités qui me seront reversées (à cause de la distance Bourges-Pau).
J'indique donc au conciliateur que je finis par accepter la rupture. Je n'ai pas de nouvelles, alors je retourne voir mon avocat pour savoir comment faire bouger les choses. Il a reçu un courrier de l'avocate adverse qui formule une rupture à effet immédiat. Mon roman remonte toujours sur les plateformes, alors je me dis que c'est sans doute les délais de mise à jour du référencement. Sauf que 8 jours plus tard je reçois une notification de vente (notification que je reçois uniquement depuis le dossier envoyé à Dillicom pour dénoncer une éditrice frauduleuse). Effectivement, en allant voir à plusieurs reprises si mon livre est encore en ligne, je réalise que dans la fiche description, Publishroom figure comme "éditeur officiel" alors que nous avons signé un "Contrat de Publication" (et non "contrat d'édition") et que la gérante m'a affirmé par écrit que j'étais bien autrice et éditrice de mon œuvre, puisqu'il s'agit de l'auto édition. En outre, le numéro de dépôt légal m'a été facturé dans cette même optique. Vous pouvez vérifier par vous-même, tous les auteurs présentés sur le compte Instagram de Publishroom remontent avec Publishroom en "éditeur officiel" sur les plateformes.
3 jours après cette vente (le 11 décembre 2025), je reçois un mail de Dillicom me notifiant que le titre est bien en "arrêt de commercialisation". Et vous savez quoi ? Les ventes que j'ai réussi à générer avant le litige, je n'ai jamais été payée.
Pour conclure, les prestataires d'aide à l'auto édition ne sont que des maisons d'édition à compte d'auteur, fonctionnant sur l'amateurisme et le travail à la chaîne bâclé. L'auto édition, c'est lorsque vous faîtes tout vous-même. Un contrat accepté en moins de 14 jours et des formules d'accompagnement ? Ce sont des arnaques. Non seulement Publishroom Factory fait preuve d'incompétence, mais également de pratiques illégales.
Il me reste quelques exemplaires de la dernière commande auteure que j'avais reçue. Vous pouvez donc le commander directement auprès de moi et demander une dédicace.
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